[Illustration n°20.01]
Photo héro — Un portrait au collodion emblématique signé Mélanie-Jane Frey. Cadrage serré (visage et épaules), regard frontal, lumière naturelle douce. Légende avec titre, année, support (ambrotype/ferrotype).
Statut : À SÉLECTIONNER — corpus MJF
Faire son portrait au collodion humide n’est pas faire une photo. C’est entrer dans une pratique qui a 175 ans, accepter de poser plusieurs secondes immobile devant une chambre photographique grand format, et repartir avec une plaque unique — un objet qu’aucun fichier numérique ne pourra reproduire à l’identique. La séance dure entre une heure et demie et trois heures. L’image, elle, traverse les générations.
Cette page raconte ce qui se passe pendant une séance au Studio Ambrotype & Co., à Belleville, Paris. Pour qui ce portrait est-il pensé, comment se déroule-t-il, qu’en repart-on : voici l’essentiel pour décider si l’expérience vous correspond, et si oui, comment réserver.
◆
Qu’est-ce qu’un portrait au collodion humide ?
[Illustration n°20.02]
Photo : œuvre tenue dans les mains — Une plaque (ambrotype ou ferrotype) tenue par les mains du sujet ou du photographe, à hauteur de visage, sous lumière naturelle. Évoque la matérialité de l’objet remis.
Statut : À PRODUIRE
Un portrait au collodion humide n’est pas une photographie au sens contemporain du mot. C’est un objet — une plaque de verre ou de métal recouverte d’argent métallique pur, sur laquelle s’est inscrit votre visage selon un procédé inventé en 1851. Cet objet est unique : il n’existe pas de négatif duplicable, pas de fichier source, pas de copie. Vous repartez avec la plaque, pas avec une plaque parmi d’autres.
Trois supports possibles, selon ce que vous cherchez :
- L’ambrotype — positif sur verre, adossé à un fond noir. Objet précieux, profondeur caractéristique, présentation en écrin ou boîte. Voir la page ambrotype.
- Le ferrotype — positif direct sur plaque d’aluminium noir laqué. Robuste, transportable, finalisable le jour même. Voir la page ferrotype.
- Le négatif sur verre — pour qui souhaite un tirage papier ultérieur (papier salé, albuminé). Chaîne complète, sur demande.
Le rendu est particulier — et c’est l’autre chose à savoir. Le collodion humide est principalement sensible aux radiations ultraviolettes et bleues du spectre. Conséquence visuelle : un œil bleu apparaît pâle et lumineux, un grain de beauté brun se fait point sombre, la peau révèle ses pores, ses imperfections, ses veinules. Le visage rendu au collodion ne ressemble pas à son équivalent numérique, et c’est ce décalage qui fait sa singularité. La page sur l’esthétique du collodion explore ce que cela change en profondeur.
◆
Ce qui se passe pendant une séance
[Illustration n°20.03]
Photo : sujet en pose devant la chambre — Un sujet assis ou debout devant une chambre photographique grand format installée au studio. Lumière naturelle, atmosphère concentrée.
Statut : À PRODUIRE — accord modèle
Le studio se trouve au 18 rue de Tourtille, dans le 20e arrondissement de Paris (métro Belleville, Pyrénées ou Couronnes). Voici le déroulé typique d’une séance individuelle, qui dure entre une heure et demie et trois heures selon la formule retenue.
Arrivée et préparation
Vous êtes accueilli au studio environ quinze minutes avant le début effectif de la séance. C’est le temps de souffler, de boire un verre d’eau, de découvrir l’atelier — chambres photographiques en bois, plaques en attente, bains chimiques préparés. Mélanie-Jane vous explique brièvement le procédé, ce qu’il va se passer, ce que vous allez voir. Pas de précipitation : la séance se fait à un rythme qui n’est pas celui du portrait studio classique.
Préparation de la plaque
Pour chaque plaque que nous réalisons ensemble, je prépare la matière à la minute. La plaque est nettoyée, le collodion est coulé d’un seul mouvement régulier, puis la plaque part dans le bain de nitrate d’argent où elle reste trois minutes. Pendant ce temps, nous parlons, nous nous installons, nous ajustons la lumière. La fenêtre pendant laquelle la plaque reste sensible et utilisable est de quinze à trente minutes selon la température et l’humidité. Tout doit s’enchaîner calmement mais sans interruption.
La pose
La plaque sensibilisée est chargée dans son châssis, puis dans la chambre photographique. Vous prenez place. Mélanie-Jane affine la mise au point — c’est manuel, sur verre dépoli, sous le voile noir. La lumière est naturelle (lumière du jour traversant les fenêtres du studio) ou continue (lampes de forte puissance reproduisant le spectre solaire), jamais le flash : le collodion humide est trop peu sensible pour être figé par un éclair court. Le temps de pose varie d’une à trente secondes selon la configuration. Pendant ce temps, vous restez immobile.
Retour au laboratoire
[Illustration n°20.04]
Photo : moment du développement — Mélanie-Jane en train de verser le révélateur sur la plaque, ou plaque en cours de développement. Lumière inactinique rouge, atmosphère concentrée.
Statut : À PRODUIRE
Une fois la pose faite, je file en chambre noire avec la plaque encore chargée. Le développement prend trente à quarante-cinq secondes. Apparaissent les hautes lumières — votre visage, vos cheveux, les zones claires de la composition — sur un fond laiteux qui couvre tout le reste. C’est encore une plaque qui n’est qu’une promesse.
L’apparition
Puis la plaque est plongée dans le fixateur. Si vous le souhaitez, vous êtes invité à venir voir : c’est à ce moment, et seulement à ce moment, que l’image apparaît. En une dizaine de secondes, le voile blanc se dissout, les noirs redeviennent noirs, votre portrait émerge. Beaucoup de sujets disent que c’est le moment qu’ils retiennent — pas la pose, pas le studio, mais cette dizaine de secondes où ils ont vu leur image apparaître devant eux. Une page entière du site est consacrée à ce moment.
Rinçage, séchage, finalisation
La plaque est rincée abondamment — c’est l’étape qui garantit la conservation dans le temps — séchée, puis vernie à la sandarac à chaud. Le vernis protège l’émulsion argentique pour les décennies à venir. Vous repartez soit avec la plaque finalisée le jour même (formule ferrotype), soit avec un rendez-vous de remise quelques jours plus tard pour permettre le vernissage et l’encadrement éventuel (formule ambrotype encadré).
◆
La pose longue, ce qu’elle change
Le portrait au collodion humide se distingue de toutes les autres formes de portrait par cette pose longue. À l’ère du selfie pris en un quart de seconde, rester immobile entre une et trente secondes devant une chambre photographique est une expérience qui n’a presque plus d’équivalent quotidien.
Trois choses se passent pendant ces secondes.
La première est physique : le visage se dépose. Le sourire de circonstance, la pose tenue pour la photo, le visage social qu’on présente d’ordinaire à une caméra ne tiennent pas en pose longue. Ils s’effritent. Reste un visage plus simple, plus lisible, parfois plus austère, presque toujours plus juste. Beaucoup de sujets, à la sortie de la séance, disent ne pas se reconnaître au premier regard — puis se reconnaître plus que jamais.
La deuxième est temporelle : le sujet et le photographe partagent un temps qui ralentit. Pas de rafale, pas de cinquante prises pour en garder une. Une seule plaque, une seule chance. Cette économie change la qualité de la rencontre. On parle moins, on regarde mieux.
La troisième est artistique : la matière argentique enregistre autre chose que le numérique. Là où un capteur lisse les peaux, le collodion les révèle. Là où une compression numérique simplifie, l’argent métallique restitue. Le résultat n’est pas plus flatteur que le numérique — il est plus honnête. C’est cette honnêteté qui, paradoxalement, plaît.
◆
Pour qui un portrait au collodion ?
[Illustration n°20.05]
Photo : portrait de couple ou de famille au collodion — Une plaque finale présentant deux ou trois personnes en portrait au collodion.
Statut : À SOURCER / À PRODUIRE
Le portrait au collodion humide n’est pas adapté à toutes les situations. Il convient particulièrement bien à six cas de figure.
Portraits de famille et de transmission
Faire le portrait de ses parents, de ses grands-parents, de ses enfants, dans un objet qui survivra aux fichiers numériques et qui se transmettra dans la famille comme un héritage matériel. Une plaque correctement vernie et conservée dure plus de cent cinquante ans — les ambrotypes du XIXe siècle nous en témoignent.
Couples et anniversaires
Pour un anniversaire de mariage, des fiançailles, une étape importante de la vie d’un couple. La pose à deux, qui demande une coordination encore plus fine que la pose individuelle, donne souvent les portraits les plus émouvants.
Mariages et grands événements
Un atelier collodion humide installé sur le lieu de réception d’un mariage est l’un des cadeaux d’événement les plus marquants qu’on puisse offrir à ses invités. Chaque convive (ou chaque couple, ou chaque famille) repart avec un ferrotype unique, fait sur place en quelques minutes par séance. C’est une formule particulièrement adaptée au ferrotype, plus rapide à finaliser et plus robuste pour le transport. Le studio propose un forfait événement qui inclut le déplacement, l’installation d’un atelier mobile, la prise de vue de chaque invité ou groupe, le développement sur place et la remise immédiate de la plaque finalisée.
Portraits professionnels d’auteurs
Pour un écrivain qui prépare la couverture de son livre, un comédien qui veut un portrait de presse hors du commun, un musicien dont l’identité visuelle réclame autre chose qu’un cliché numérique. Le collodion donne au portrait professionnel un caractère que l’éditeur, le galeriste ou l’attaché de presse remarque immédiatement.
Portraits d’enfants (avec aménagement)
Le portrait d’enfant au collodion est possible à partir de cinq ou six ans environ, âge à partir duquel la pose immobile de quelques secondes devient envisageable. En dessous, la pose longue exclut malheureusement la pratique. Pour les très jeunes enfants, le studio peut proposer une séance familiale où l’enfant est tenu par un parent dont la stabilité compense la sienne.
Portraits posthumes et hommages
Plus rare mais légitime, le portrait posthume — réalisé à partir d’une photographie existante, par retirage selon des procédés argentiques anciens. Ce n’est pas un portrait au collodion à proprement parler (le sujet doit être présent pour la prise de vue), mais le studio peut accompagner la réalisation d’un objet-mémoire dans la famille des procédés argentiques anciens.
◆
Tarifs et formules
Les tarifs du Studio Ambrotype & Co. pour le portrait au collodion humide sont structurés en quatre formules. Un devis nominatif est établi sur demande pour confirmer le tarif applicable à votre projet.
Tarifs indicatifs — à confirmer
Les fourchettes de prix ci-dessous sont données à titre indicatif et doivent être confirmées par un devis nominatif. Elles sont susceptibles d’évoluer selon le projet, le support et le format retenus. Le devis fait foi.
Formule 1 — Séance individuelle, plaque unique
- Durée : 1 h 30 environ.
- Inclus : préparation, prise de vue, développement, vernissage, une plaque finale (ambrotype ou ferrotype au choix, format 4×5 inches soit environ 10×12 cm).
- Prévoir une dizaine de jours après la séance pour la remise de la plaque vernie et encadrée si encadrement choisi.
Tarif indicatif : à partir de 380 à 480 € selon support et format.
Formule 2 — Séance étendue, série de 3 plaques
- Durée : 2 h 30 environ.
- Inclus : préparation, trois prises de vue (variations de cadrage, expression, support), développement, vernissage, trois plaques finales.
- Recommandé pour ceux qui veulent explorer plusieurs angles ou couvrir un projet (couple + portraits individuels, par exemple).
Tarif indicatif : à partir de 850 à 1 100 €.
Formule 3 — Journée complète, projet d’auteur
- Durée : journée entière.
- Inclus : entretien préalable de définition du projet, préparation, jusqu’à six plaques, développement, vernissage.
- Pensé pour un projet artistique, une commande professionnelle (couverture de livre, identité visuelle), ou une commande de transmission familiale étendue.
Tarif indicatif : à partir de 2 200 €.
Formule 4 — Mariage ou événement
- Durée : sur site, 4 à 8 heures selon volume.
- Inclus : déplacement (Île-de-France ; supplément pour la province), installation d’un atelier mobile sur place, prise de vue d’environ 8 à 15 invités selon durée, développement et remise immédiate des plaques (ferrotype recommandé pour la rapidité).
- Prévoir un échange préalable pour valider la faisabilité technique sur le lieu de réception (lumière, espace, accès à l’eau).
Tarif indicatif : à partir de 1 800 à 3 500 € selon durée et nombre d’invités.
◆
Réserver une séance
Le studio accueille en moyenne deux à trois séances de portrait par semaine, hors jours de formation. Les disponibilités s’entendent généralement à trois à six semaines de l’envoi de la demande, parfois plus en période de forte affluence. Pour les mariages et événements, prévoyez un délai de trois à six mois minimum afin de bloquer la date.
La démarche de réservation se fait en quatre étapes :
- Envoyer une demande via le formulaire de contact, en précisant la formule envisagée, vos disponibilités générales, et le contexte (portrait individuel, couple, famille, événement).
- Recevoir un devis sous 48 heures ouvrées, avec une proposition de date.
- Confirmer par retour de mail et verser un acompte de 30 % pour bloquer la date.
- Venir au studio le jour J, ou recevoir le studio sur le lieu de votre événement.
Réserver une séance de portrait
Studio Ambrotype & Co. — 18 rue de Tourtille, 75020 Paris (métro Belleville). Indiquez votre nom, le contexte (individuel, couple, famille, événement) et vos disponibilités. Réponse sous 48 heures ouvrées.
◆
Pour conclure
Le portrait au collodion humide est une expérience à part dans le paysage photographique contemporain. Il demande du temps — celui de la séance, celui de la finalisation. Il demande de la patience — celle de la pose longue. Il demande une certaine confiance — dans le procédé, dans la photographe, dans ce qui apparaîtra. Mais ce qu’il rend, en échange, est rarement comparable à autre chose : un objet unique, qui retient autrement que les fichiers numériques, et qui se transmet.
Pour aller plus loin, la page consacrée à l’esthétique du collodion explore plus en profondeur ce que ce procédé fait au visage et au regard, et la page sur l’acquisition d’œuvres au collodion propose des plaques signées Mélanie-Jane Frey pour qui souhaite acquérir une œuvre sans passer par une séance personnelle. Œuvres signées : melaniejanefrey.com.
◆
Foire aux questions
Combien de temps dure une séance de portrait au collodion ?
Entre une heure et demie pour une séance individuelle simple (formule 1) et une journée complète pour un projet d’auteur (formule 3). La majorité des séances individuelles se déroulent sur deux heures environ, en incluant la préparation, la prise de vue, le développement, et un temps d’échange à la fin pour découvrir la plaque finalisée.
Faut-il rester totalement immobile pendant la pose ?
Oui, mais le temps de pose est court : entre une et trente secondes selon la lumière disponible. La majorité des poses se situent entre cinq et quinze secondes. Pendant ce temps, il faut éviter de cligner des yeux trop fortement, de respirer profondément, et de bouger la tête. Les épaules et le corps peuvent être soutenus par un appui-tête ou un dossier discret. La photographe vous guide précisément sur le moment où l’immobilité commence et finit.
Peut-on faire un portrait au collodion d’un nouveau-né ou d’un très jeune enfant ?
Malheureusement non, ou très difficilement. La pose immobile de quelques secondes est incompatible avec l’imprévisibilité d’un très jeune enfant. Pour les nouveau-nés, le portrait au collodion n’est pas adapté. Pour les enfants à partir de cinq ou six ans, c’est possible, idéalement en séance familiale où l’enfant est en confiance. Pour les très jeunes, la solution alternative consiste à utiliser un autre procédé argentique (cyanotype, par exemple) à partir d’un négatif numérique.
Le portrait au collodion convient-il aux peaux foncées ?
Oui, et il les rend particulièrement bien. Le collodion humide, sensible aux UV-bleus, donne aux peaux foncées une présence et un relief que le numérique aplatit souvent. Cela dit, le rendu peut surprendre — comme pour toutes les peaux, il révèle des détails (pores, veinules, irrégularités) que les retouches numériques modernes effacent. C’est précisément pour cette honnêteté que beaucoup de sujets choisissent cette pratique.
Combien de plaques ratées peut-il y avoir pendant une séance ?
Une à deux plaques d’essai sont souvent réalisées en début de séance pour calibrer la lumière, la pose, et la chimie du jour. Ces essais sont inclus dans la séance et n’augmentent pas le tarif. La plaque finale (ou les plaques finales selon la formule) est celle qui vous est remise. Le studio garantit la livraison du nombre de plaques prévu par la formule choisie.
Que se passe-t-il si je ne suis pas satisfait du portrait final ?
Le portrait au collodion est par nature une pièce unique : il n’est pas possible de le « retirer » comme une photo numérique. En cas d’insatisfaction réelle (mauvaise expression, problème technique attribuable au studio), une seconde séance peut être programmée à tarif réduit. La meilleure façon d’éviter ce cas est de bien échanger en amont sur vos attentes, et de prendre le temps, pendant la séance, d’ajuster ensemble la pose et le cadrage.
Le studio peut-il se déplacer en province ou à l’étranger pour un événement ?
Oui, sur devis. Pour la province française, le déplacement, l’installation et le tournage demandent une organisation préalable (accès à l’eau, lumière disponible, espace de travail), et un supplément kilométrique s’applique. Pour l’étranger, le studio se déplace pour des projets significatifs — contact préalable au moins quatre mois avant la date envisagée.