La photographie expérimentale : panorama des procédés argentiques contemporains

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Photo héro — Composition multi-procédés : un cyanotype, une plaque au collodion et un tirage gomme bichromatée disposés ensemble, ou une œuvre signée Mélanie-Jane Frey représentative de la diversité des procédés expérimentaux.

Statut : À PRODUIRE

On appelle photographie expérimentale — ou parfois procédés argentiques anciens, en anglais alternative photographic processes — l’ensemble des techniques photographiques élaborées entre 1839 et la fin du XIXe siècle, abandonnées par l’industrie au profit du gélatino-bromure d’argent puis du numérique, et redécouvertes depuis les années 1980 par des photographes d’auteur. Le terme désigne aussi quelques procédés plus récents qui prolongent cette tradition matérielle, comme le chimigramme inventé en 1956.

Cette page propose un panorama des principaux procédés encore pratiqués aujourd’hui, situe le collodion humide dans cet ensemble, et oriente vers les ressources de formation et de consultation. Elle est conçue comme une page-cadre : pour ceux qui découvrent ce champ, pour ceux qui veulent comprendre comment les procédés s’articulent entre eux, et pour ceux qui hésitent entre plusieurs voies d’apprentissage.

Qu’est-ce que la photographie expérimentale ?

La définition n’est pas absolue. On regroupe sous l’expression « photographie expérimentale » des techniques très différentes, qui ont en commun quelques traits majeurs : une chimie préparée à la main, une matérialité prononcée, et une singularité d’objet ou d’édition qui les distingue de la photographie industrielle standardisée.

Sur le plan technique, la plupart de ces procédés reposent sur la photosensibilité de sels d’argent, de sels de fer (cyanotype) ou de bichromates (gomme bichromatée), exposés aux rayonnements ultraviolets et bleus — d’où la nécessité d’utiliser pour les uns la lumière du soleil ou des lampes UV, pour les autres une chambre photographique en lumière du jour. Cette sensibilité spectrale étroite est l’une des sources de leur rendu si particulier.

Pourquoi cette renaissance ?

La photographie expérimentale connaît, depuis les années 1980-1990, une renaissance internationale qui ne montre aucun signe d’essoufflement. Plusieurs facteurs convergent.

D’abord, une réaction au numérique uniformisé. Quand le smartphone produit des milliards d’images standardisées chaque jour, les images qui résistent à cette uniformité retrouvent une valeur. La photographie expérimentale, par sa matière irrégulière, son grain, ses imperfections assumées, propose précisément cette résistance — sans nostalgie ni rejet du numérique, simplement en occupant une place différente.

Ensuite, une valorisation patrimoniale plus large. Les institutions muséales et photographiques (Bibliothèque nationale de France, Musée Nicéphore Niépce, Maison Européenne de la Photographie en France ; George Eastman Museum, V&A, Tate à l’international) ont consacré ces procédés comme objets d’étude et d’exposition. Cette légitimation institutionnelle nourrit en retour l’intérêt des collectionneurs, qui à leur tour soutiennent la pratique contemporaine.

Enfin, une transmission technique structurée. Là où la pratique amateur des années 1990 reposait sur quelques manuels rares et beaucoup d’expérimentations isolées, on dispose aujourd’hui d’une littérature technique riche, de festivals dédiés, de formations professionnelles certifiées, et de communautés en ligne actives. Le Bicentenaire de la Photographie 2026-2027 amplifie cette dynamique en France en lui donnant une visibilité culturelle nationale.

Les principales familles de procédés

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Mosaïque comparative — 6 à 9 tirages issus de procédés différents (cyanotype, calotype, papier salé, ambrotype, platine-palladium, gomme bichromatée, chimigramme), chacun étiqueté avec son nom et sa date d’invention. Pédagogique.

Statut : À COMPOSER — propre ou sources muséales

Voici les principaux procédés couverts par la photographie expérimentale contemporaine, présentés par ordre chronologique d’invention. Chaque procédé est un univers technique et esthétique à part entière — cette présentation se contente d’en donner les grandes lignes pour orienter.

Le calotype (Talbot, 1841)

Inventé par William Henry Fox Talbot en Angleterre, le calotype est le premier procédé négatif-positif sur papier — autrement dit, le premier qui permet de tirer plusieurs épreuves à partir d’un même négatif. Le négatif est constitué d’un papier rendu sensible par des sels d’argent, exposé en chambre, puis développé. Les positifs sont tirés sur papier salé. Caractéristique visuelle : un grain doux et matriciel, hérité de la texture du papier-négatif. Statut actuel : pratiqué par quelques spécialistes pour sa qualité picturale.

Le cyanotype (Herschel, 1842)

Inventé par l’astronome britannique Sir John Herschel (1792-1871) en 1842, le cyanotype est probablement le procédé expérimental le plus accessible et le plus enseigné aujourd’hui. Il repose non sur des sels d’argent mais sur des sels de fer (citrate ferro-ammoniacal et ferricyanure de potassium), qui réagissent aux ultraviolets pour former le pigment connu sous le nom de bleu de Prusse. Caractéristique visuelle : un bleu profond reconnaissable entre tous, capable de virer (par traitement au tanin, au thé, ou par toning) vers le brun, le sépia ou le noir.

Le cyanotype a été utilisé pour les plans d’architecture jusqu’aux années 1970 — d’où le terme anglais blueprint. Il a aussi servi à la première publication photographique de l’histoire : l’ouvrage d’Anna Atkins (1799-1871) sur les algues britanniques, paru en 1843, soit un an avant le Pencil of Nature de Talbot. Anna Atkins est ainsi la première autrice connue d’un livre illustré par photographie. Statut actuel : porte d’entrée la plus fréquente vers la photographie expérimentale, enseigné dans la plupart des formations.

Le papier salé (Talbot, années 1840)

Procédé de tirage positif sur papier sensibilisé par bain de chlorure de sodium puis nitrate d’argent. C’est le procédé de tirage par contact qui accompagne le calotype. Caractéristique visuelle : nuances chaudes brun-mauve, mat, sans brillance. Statut actuel : pratiqué pour les tirages issus de négatifs au collodion sur verre (voir la page tirages d’époque).

Le papier albuminé (Blanquart-Évrard, 1847)

Inventé par le Français Louis-Désiré Blanquart-Évrard, le papier albuminé est le procédé de tirage industriel qui domine la seconde moitié du XIXe siècle. Le papier est sensibilisé par couche de blanc d’œuf battu mêlé de sels d’argent. Il accompagne massivement le négatif au collodion sur verre dans les studios de portrait. Caractéristique visuelle : tonalités sépia chaleureuses, surface légèrement satinée. Statut actuel : moins pratiqué que le papier salé, mais présent dans certaines formations approfondies.

Le collodion humide (Le Gray-Archer, 1850-1851)

Procédé central du XIXe siècle photographique, traité en profondeur sur ce site (page-mère, page histoire, page ambrotype, et l’ensemble du silo Procédé technique). Trois supports possibles : ambrotype (positif sur verre), ferrotype (positif sur métal), négatif sur verre. Caractéristique visuelle : noirs profonds, sensibilité UV-bleu, finesse de grain remarquable. Statut actuel : procédé exigeant mais pleinement pratiqué dans le cadre de la renaissance contemporaine.

Le ferrotype (Martin, 1853)

Variante du collodion humide sur plaque de métal verni noir, inventée en France par Adolphe-Alexandre Martin en 1853, popularisée aux États-Unis sous le nom de tintype. Caractéristique visuelle : tonalités plus chaudes que l’ambrotype, robustesse au transport, image directe positive. Statut actuel : très pratiqué pour les portraits événementiels (mariages, salons), pour sa rapidité et sa solidité (voir la page ferrotype).

La gomme bichromatée (Pouncy, 1858)

Procédé pigmentaire breveté par le Britannique John Pouncy en 1858, basé sur la photosensibilité du bichromate de potassium mêlé à de la gomme arabique pigmentée. Le photographe applique sur papier une couche de gomme + pigment + bichromate, expose sous négatif, puis lave à l’eau. Les zones non insolées se dissolvent ; les zones insolées durcissent et conservent le pigment. Caractéristique visuelle : tonalités libres (dépend du pigment choisi), possibilité de superposer plusieurs couches pour obtenir des effets picturaux. Statut actuel : procédé d’auteur très expressif, pratiqué pour ses qualités plastiques.

Le platine-palladium (Willis, 1873)

Procédé inventé par William Willis et breveté en 1873 en Angleterre. Tirage par contact à partir d’un négatif grand format, sur papier sensibilisé aux sels de platine ou de palladium. Caractéristique visuelle : noirs d’une profondeur incomparable, étendue tonale très large, surface mate. Réputé pour offrir la meilleure stabilité conservatoire de tous les procédés photographiques (les épreuves au platine sont considérées comme stables sur plusieurs siècles). Statut actuel : procédé de prestige, coûteux en consommables (le platine est un métal précieux), pratiqué pour les œuvres d’auteur de haute valeur.

Le photogramme

Le photogramme n’est pas à proprement parler un procédé chimique distinct : c’est une technique qui consiste à exposer à la lumière une surface photosensible (papier salé, albuminé, gélatino-bromure, cyanotype) sur laquelle on a posé directement des objets. Le résultat est une silhouette ou empreinte directe. Anna Atkins l’utilise dès 1843 pour ses algues ; Man Ray (les rayographes) et Christian Schad (les schadographs) l’élèvent au rang d’art au XXe siècle. Statut actuel : enseigné en formation comme exercice fondateur, pratiqué pour ses qualités graphiques.

Le sténopé

Le sténopé (du grec steno, « étroit », et opê, « ouverture ») est une chambre photographique sans lentille, percée d’un simple trou d’épingle. Connu depuis l’Antiquité (la « chambre obscure »), redécouvert par les artistes contemporains comme dispositif minimaliste. Caractéristique visuelle : profondeur de champ infinie, douceur globale, déformations légères. Statut actuel : enseigné comme exercice de retour aux fondamentaux optiques, pratiqué pour ses qualités contemplatives.

Le chimigramme (Cordier, 1956)

Procédé inventé en 1956 par le photographe belge Pierre Cordier (né en 1933). Le chimigramme combine la photographie et la peinture : sans appareil, sans négatif, le praticien applique directement sur du papier photographique des produits chimiques (révélateur, fixateur, mais aussi des « localisateurs » comme le vernis, l’huile, la cire) en lumière du jour, créant des compositions abstraites où les images naissent du seul jeu des bains chimiques sur le papier. Caractéristique visuelle : compositions abstraites, couleurs et textures uniques à chaque fois. Statut actuel : procédé d’auteur exigeant, pratiqué par une poignée de spécialistes.

La place du collodion humide dans cet ensemble

Le collodion humide occupe dans la famille des procédés expérimentaux une position particulière. Trois traits le distinguent.

Premier trait : le collodion humide est le procédé central du XIXe siècle photographique. Pendant trente ans, de 1855 à 1880 environ, l’écrasante majorité des images photographiques produites dans le monde le sont par cette technique. Comprendre l’histoire de la photographie, c’est nécessairement comprendre le collodion. Le procédé a aussi donné naissance, par dérivation, à plusieurs sous-procédés — l’ambrotype, le ferrotype, le panotype, et indirectement la carte de visite Disdéri. La page histoire déploie cette généalogie en détail.

Deuxième trait : le collodion humide est le procédé le plus exigeant techniquement. Là où un cyanotype peut être réalisé en quelques minutes par un débutant motivé, le collodion humide demande des dizaines d’heures de pratique pour devenir régulier, une chambre photographique grand format, une chimie complexe, un laboratoire portable ou fixe, et une gestion stricte de la sécurité (éther, nitrate d’argent, parfois cyanure). C’est, en quelque sorte, le sommet d’une pyramide d’apprentissage. Beaucoup de praticiens y arrivent après avoir maîtrisé d’autres procédés.

Troisième trait : le collodion humide est le seul procédé qui produit une plaque — un objet photographique unique sur verre ou métal, non duplicable, qu’on tient dans la main. Tous les autres procédés expérimentaux produisent soit des tirages sur papier, soit des compositions abstraites (chimigramme), soit des images directes sur supports souples (photogramme). La singularité matérielle du collodion en fait un objet de collection à part (voir la page le collodion humide comme objet d’art).

Apprendre les procédés en France

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Photo : session de formation au studio — Plusieurs procédés en cours simultanément (cyanotype en exposition au soleil, plaque collodion en train de sécher, papier salé). Atmosphère d’atelier de formation.

Statut : À PRODUIRE

Plusieurs voies existent pour apprendre les procédés expérimentaux en France, selon le format souhaité (workshop, stage) et selon le profil (amateur, professionnel, étudiant, demandeur d’emploi).

Pour découvrir un procédé en quelques jours : les workshops courts (1 à 3 jours) proposés par certains photographes-formateurs, par les festivals, ou par des associations spécialisées (notamment autour du Musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône) permettent une initiation rapide. Le cyanotype est le procédé le plus fréquemment proposé en initiation grand public.

Pour approfondir un procédé spécifique : les stages thématiques de quelques jours à deux semaines permettent d’aller plus loin sur un seul procédé. Certains sont éligibles aux financements professionnels dès lors que l’organisme est certifié Qualiopi.

Pour le collodion humide en particulier : le Stage Collodion Humide du Studio Ambrotype & Co. à Paris est entièrement consacré à la maîtrise de ce procédé — le plus exigeant de la famille — sur six jours, ambrotypes et ferrotypes, de la préparation des plaques au vernissage. Certifié Qualiopi, éligible AFDAS et OPCO. La page formations en France en détaille les modalités, les conditions d’accès et les financements disponibles.

Apprendre le collodion humide

Le Stage Collodion Humide — 6 jours / 48 h à Belleville, Paris 20e. Le procédé le plus exigeant de la photographie expérimentale, maîtrisé pas à pas. Qualiopi, éligible AFDAS / OPCO.

Pour les autres procédés

Ce site est dédié au collodion humide. Pour une initiation ou un approfondissement sur les autres procédés expérimentaux (cyanotype, gomme bichromatée, platine-palladium, chimigramme…), écrivez au studio via le formulaire de contact : nous orientons volontiers vers les formateurs, ateliers et ressources adaptés à chaque procédé.

Le marché et la collection

Le marché des œuvres photographiques expérimentales est, depuis vingt ans, en croissance régulière — porté par la valorisation patrimoniale des procédés anciens et par la singularité matérielle des objets qu’ils produisent.

Les logiques de valorisation varient selon les procédés. Les œuvres au platine-palladium occupent traditionnellement le haut du marché (coût des consommables, stabilité conservatoire, prestige historique). Les ambrotypes, ferrotypes et tirages au collodion d’auteur se situent dans la fourchette haute de l’art photographique expérimental, par leur unicité matérielle. Les cyanotypes, gomme bichromatée et papiers salés couvrent une fourchette plus large, du tirage d’auteur abordable à l’œuvre de référence.

Pour une approche structurée de l’acquisition d’œuvres au collodion humide signées Mélanie-Jane Frey, la page acquérir une œuvre en détaille les modalités. Pour les autres procédés, les galeries spécialisées en photographie d’auteur et les festivals dédiés sont les voies d’entrée privilégiées. La conservation des œuvres expérimentales demande des conditions adaptées (humidité contrôlée, lumière indirecte, encadrement sous verre antireflet pour les tirages papier, étuis ou cadres protégés pour les plaques).

Pour conclure

La photographie expérimentale n’est ni une nostalgie ni une mode. Elle est une famille de pratiques techniques et esthétiques qui occupe, depuis quarante ans environ, une place stable et croissante dans le paysage photographique contemporain. Chaque procédé y a sa logique, son histoire, son rendu, sa difficulté propre. Le collodion humide en occupe la position centrale historique, le cyanotype la porte d’entrée la plus accessible, le platine-palladium le sommet de la valeur conservatoire.

Pour aller plus loin sur le collodion humide spécifiquement, la page-mère du site en propose une introduction complète, et l’ensemble des pages techniques et historiques en déploient les facettes. Pour apprendre, la page formations en France panorame les voies disponibles. Pour les œuvres signées disponibles : melaniejanefrey.com.

Foire aux questions

Quelle différence entre photographie argentique et photographie expérimentale ?

La photographie argentique au sens contemporain (gélatino-bromure d’argent) désigne le procédé industriel dominant du XXe siècle : pellicules, papiers, tirages standardisés par chambre noire. La photographie expérimentale regroupe les procédés antérieurs (calotype, papier salé, collodion humide, cyanotype, etc.) ou postérieurs (chimigramme) à cette domination industrielle, qui partagent une chimie préparée à la main, une matérialité prononcée, et une singularité d’objet ou d’édition. La photographie argentique-gélatine est, de fait, la grande absente du panorama des procédés expérimentaux.

Quel procédé faut-il apprendre en premier ?

Le cyanotype est presque toujours le procédé d’entrée recommandé. Il est non-toxique, ne nécessite pas de chambre noire, ne demande qu’une lumière du jour ou des lampes UV, et permet d’obtenir des résultats publiables en quelques heures de pratique. Il introduit aux notions fondamentales (sensibilisation d’un support, exposition par contact, développement, fixation) qui se retrouvent dans des formes plus complexes ailleurs. Beaucoup de praticiens commencent par le cyanotype avant de progresser vers le collodion humide ou la platine-palladium.

Le numérique a-t-il sa place dans la photographie expérimentale ?

Oui, partiellement. Beaucoup de procédés requièrent un négatif grand format pour le tirage par contact (cyanotype, platine-palladium, gomme bichromatée). Or les chambres grand format en argentique-gélatine sont devenues coûteuses et leurs films rares. Une pratique courante consiste à réaliser un négatif numérique (impression jet d’encre sur film transparent) qui sert ensuite de matrice pour le tirage. Cette hybridation, loin d’affaiblir la photographie expérimentale, en élargit l’accessibilité et n’altère pas la matérialité du tirage final.

Quels procédés sont les plus adaptés à un projet d’auteur ?

La réponse dépend du projet. Le collodion humide convient particulièrement aux portraits, aux natures mortes contemplatives, aux séries thématiques où la pièce unique a sa place. Le cyanotype, par sa couleur reconnaissable, convient aux séries graphiques, aux herbiers contemporains, aux travaux sur le bleu et la profondeur. La platine-palladium convient aux paysages, aux nus, aux travaux exigeant une étendue tonale maximale. Le chimigramme convient aux compositions abstraites et aux explorations purement plastiques. Le choix du procédé découle du sujet et de l’intention, pas l’inverse.

Existe-t-il des galeries spécialisées en photographie expérimentale en France ?

Quelques-unes, principalement à Paris et lors des festivals dédiés. Les galeries généralistes en photographie d’auteur incluent souvent des œuvres aux procédés expérimentaux dans leur programmation. À l’international, le marché américain est plus structuré (galeries dédiées à New York, Los Angeles, San Francisco). Le développement du marché français accompagne la renaissance des procédés et continue de se structurer, notamment dans le cadre du Bicentenaire de la Photographie 2026-2027.

Anna Atkins est-elle la première femme photographe ?

Le titre est disputé entre Anna Atkins (1799-1871), autrice du premier livre photographique illustré en 1843, et Constance Fox Talbot (1811-1880), épouse de William Henry Fox Talbot, qui a réalisé des photogrammes au calotype dès 1839. Constance Fox Talbot est plus précoce dans l’usage de la photographie ; Anna Atkins est plus précoce dans la publication d’un ouvrage photographique. Les deux peuvent être citées selon les critères retenus. Anna Atkins reste la figure la plus marquante de la photographie expérimentale féminine du XIXe siècle, par l’ampleur et la qualité de son corpus cyanotype.