Cette page rassemble la cinquantaine de termes techniques, historiques et pratiques utilisés sur le site collodionhumide.fr. Chaque définition est volontairement courte ; pour comprendre, suivre les renvois vers les pages principales. L’organisation est alphabétique pour faciliter la consultation rapide.
Si un terme manque ou si une définition vous semble imprécise, signalez-le par le formulaire de contact. Ce glossaire évolue avec les retours des praticiens et des héritiers d’archives photographiques.
Sommaire alphabétique
A · B · C · D · E · F · G · H · I · L · M · N · P · Q · R · S · T · U · V · W
Les lettres absentes (J, K, O, X, Y, Z) ne contiennent pas de termes spécifiques au domaine.
◆
A
Albuminé (papier) — Papier photographique enduit d’une couche d’albumine (blanc d’œuf battu) additionnée de chlorure de sodium, sensibilisée au nitrate d’argent juste avant tirage. Standard du tirage photographique de 1850 à 1890. Surface satinée, tonalité brun chaud caractéristique. Mis au point par Louis-Désiré Blanquart-Évrard en 1850. (voir page Négatif sur verre)
Ambrotype — Image positive directe sur plaque de verre noircie, obtenue par sous-exposition d’un négatif au collodion humide qui apparaît positif sur fond noir. Inventée par James Ambrose Cutting (États-Unis, 1854). Pièce unique, non reproductible. (voir page Ambrotype)
Apparition (moment de l’) — Étape critique du procédé où l’image définitive émerge dans le bain de fixateur. À l’inverse de la photographie argentique classique où l’image se forme dans le révélateur, c’est ici dans le fixateur que la plaque révèle sa profondeur. Signature unique du procédé. (voir page L’apparition au fixateur)
Archer (Frederick Scott) — Sculpteur et photographe britannique (1813-1857), auteur de la première publication détaillée du procédé du collodion humide en mars 1851 dans The Chemist. Met l’invention dans le domaine public, ce qui accélère sa diffusion mondiale. Mort dans la pauvreté en 1857. (voir page Histoire)
B
Bain de nitrate d’argent — Solution aqueuse de nitrate d’argent (AgNO₃) à 8-10 %, dans laquelle la plaque coulée au collodion est immergée pour devenir photosensible. pH acide (2,5-6) pour les positifs directs, pH neutre (7,2-7,4) pour les négatifs. (voir page Chimie)
Bicentenaire de la photographie — Programme commémoratif officiel français porté par le ministère de la Culture, du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027, célébrant les deux cents ans de la fixation de la première image photographique par Nicéphore Niépce en 1827. (voir page Bicentenaire)
BSDD (Bordereau de Suivi des Déchets Dangereux) — Document obligatoire qui assure la traçabilité d’un déchet dangereux du producteur au site d’élimination. Dématérialisation obligatoire depuis le 1er janvier 2022 via la plateforme Trackdéchets. Conservation 5 ans. (voir page Chimie, partie 2)
Bromure d’ammonium (NH₄Br) — Sel halogéné couramment utilisé dans la formulation contemporaine du collodion iodé-bromé, pour ses qualités de stabilité et sa toxicité réduite par rapport au bromure de cadmium. (voir page Chimie)
Bromure de cadmium (CdBr₂) — Sel halogéné historiquement utilisé dans le collodion. Composé classé CMR (cancérigène, mutagène, reprotoxique) du fait du cadmium. Son usage est aujourd’hui déconseillé au profit du bromure d’ammonium. (voir page Sécurité)
C
Calotype — Procédé inventé par William Henry Fox Talbot en 1841, négatif sur papier sensibilisé. Premier procédé négatif-positif de l’histoire de la photographie, supplanté par le collodion humide à partir de 1851. (voir page Histoire)
Carte de visite — Petit format de tirage photographique sur papier albuminé (environ 6 × 9 cm), monté sur carton. Format dominant du portrait commercial entre 1854 et 1880. Le studio parisien d’André-Adolphe-Eugène Disdéri en produisait jusqu’à 2 400 par jour à son apogée. (voir page Négatif sur verre)
Chambre photographique — Appareil grand format avec soufflet, dépoli de visée, châssis arrière, monté sur trépied. Format usuel pour le collodion : 4×5, 5×7, 8×10 inches, ou plus. La chambre détermine le format final du tirage par contact. (voir page Procédé étape par étape)
Chimigramme — Procédé photographique sans appareil, inventé par Pierre Cordier en 1956, qui combine l’application de produits chimiques photographiques (révélateur, fixateur) avec des résists (vernis, cires, sirops) directement sur le papier sensibilisé. (voir page Photographie expérimentale)
Collodion — Solution de nitrocellulose dans un mélange éther-alcool, formant un film mince et imperméable en séchant. Employé d’abord en médecine pour les pansements. (voir page Chimie)
Collodion humide — Procédé photographique dans lequel la plaque doit être exposée et développée pendant que le film de collodion reste humide (15-20 minutes après le coulage). C’est cette contrainte temporelle qui distingue le procédé. (voir page Procédé étape par étape)
Collodion iodé-bromé — Collodion brut additionné de sels halogénés (iodure et bromure de potassium, ammonium ou cadmium) qui, en réaction avec le nitrate d’argent du bain de sensibilisation, forment les halogénures d’argent photosensibles. (voir page Chimie)
Collodion sec — Variante du procédé où la plaque est traitée pour rester sensible plusieurs heures ou jours après le coulage. Sensibilité très réduite (3 à 10 fois moins que le collodion humide). Utilisé historiquement pour la photographie de paysage en mission lointaine.
Cyanure de potassium (KCN) — Fixateur historique très efficace mais hautement toxique. Libère du cyanure d’hydrogène gazeux (HCN) au contact d’acides. Son usage est aujourd’hui réservé à des contextes professionnels strictement encadrés ; en pratique amateur ou artisanale, le thiosulfate de sodium est recommandé. (voir page Sécurité)
D
Daguerréotype — Premier procédé photographique commercialisé, présenté par Louis Daguerre en 1839. Image positive unique sur plaque de cuivre argentée et polie. Surface miroitante caractéristique. Remplacé commercialement par le collodion humide à partir de 1855. (voir page Histoire)
Développement — Étape du procédé où l’image latente formée par l’exposition est révélée chimiquement par un réducteur (sulfate ferreux + acide acétique) qui transforme les ions argent insolés en argent métallique visible. (voir page Procédé étape par étape)
DUER (Document Unique d’Évaluation des Risques) — Document obligatoire pour toute structure professionnelle qui identifie nominativement chaque produit dangereux utilisé, son risque, les mesures de prévention, et les EPI fournis. Indispensable pour les studios certifiés Qualiopi. (voir page Sécurité)
E
Émulsion — Couche photosensible d’une plaque ou d’un papier. Pour le collodion humide, ce sont les halogénures d’argent (iodure, bromure) précipités dans le film de collodion par réaction avec le bain de nitrate. (voir page Chimie)
EPI (Équipements de Protection Individuelle) — Gants en nitrile (jamais latex pour les solvants), lunettes de sécurité enveloppantes EN 166, blouse manches longues, chaussures fermées, masque respiratoire à filtres pour certaines opérations. Obligatoires en pratique professionnelle. (voir page Sécurité)
Éther éthylique — Solvant organique très volatil (point éclair −45 °C), composant principal du collodion avec l’alcool. Hautement inflammable, anesthésiant à concentration élevée, peut former des peroxydes explosifs si conservé longtemps. (voir page Sécurité)
F
FDS (Fiche de Données de Sécurité) — Document fourni par le distributeur pour chaque produit chimique commercialisé, qui précise les risques, les EPI nécessaires, les conditions de stockage, et les protocoles d’urgence. À conserver au studio pour chaque produit utilisé. (voir page Sécurité)
Ferrotype — Image positive directe sur plaque de métal noirci ou laqué (fer-blanc historique, aluminium contemporain). Inventé par Adolphe-Alexandre Martin en France en 1853, popularisé sous le nom tintype aux États-Unis. Robuste, transportable. (voir page Ferrotype)
Fixateur — Bain qui dissout les halogénures d’argent non insolés et révèle l’image dans toute sa profondeur. Deux options : cyanure de potassium (rapide mais très toxique) ou thiosulfate de sodium (plus lent mais peu toxique, recommandé en pratique non spécialisée). (voir page Chimie)
G
Gélatino-bromure d’argent (plaque sèche) — Procédé inventé par Richard Leach Maddox en 1871, commercialisé industriellement à partir de 1880, qui remplace le collodion humide en pratique professionnelle. Plus sensible, plus pratique (préparation usine, conservation longue), il marque la fin du règne du wet collodion. (voir page Histoire)
Gem (format) — Très petit format de ferrotype, parfois grand comme un timbre poste, produit en multiples sur une seule plaque par appareil à objectifs multiples, puis découpé. Vendu en lot de douze sur cartes de visite à la fin du XIXe siècle. (voir page Ferrotype)
H
Halogénure d’argent — Composé chimique formé de l’argent et d’un halogène (iode, brome, chlore). Photosensible : noircit à la lumière. Au cœur de toute la chimie photographique argentique. Pour le collodion humide, principalement iodure d’argent (AgI) avec une part de bromure d’argent (AgBr). (voir page Chimie)
Holtermann (Bernhard Otto) — Mécène australien du photographe Charles Bayliss à Sydney en 1875. Finance la production des plus grandes plaques de verre négatives du XIXe siècle (160 × 100 cm, panoramique de la baie de Sydney en cinq plaques). (voir page Négatif sur verre)
I
Image latente — Image invisible à l’œil formée pendant l’exposition par l’action de la lumière sur quelques atomes d’argent au sein des cristaux d’halogénures. Le développement amplifie cette image latente en image visible. (voir page Procédé étape par étape)
Iodure de potassium (KI) — Sel halogéné introduit dans le collodion avant le coulage. Réagit avec le nitrate d’argent du bain de sensibilisation pour former l’iodure d’argent (AgI), principal composé photosensible du procédé. (voir page Chimie)
L
Le Gray (Gustave) — Photographe et théoricien français (1820-1884), auteur d’une publication théorique sur le collodion humide en 1850, antérieure à celle d’Archer. Sa paternité partagée du procédé est l’objet d’un débat historique. Mort en exil au Caire en 1884. (voir page Histoire)
M
Maddox (Richard Leach) — Médecin et photographe britannique (1816-1902), inventeur du procédé au gélatino-bromure d’argent en 1871. Son invention (plaque sèche industrielle) clôt l’âge d’or du collodion humide et inaugure la photographie moderne. (voir page Histoire)
Mammoth (format) — Très grand format photographique, environ 18 × 22 inches (45 × 56 cm), employé notamment par Carleton Watkins en Californie pour ses paysages de Yosemite dans les années 1860. (voir page Négatif sur verre)
Martin (Adolphe-Alexandre) — Physicien et photographe français (1824-1896), inventeur du ferrotype en 1853. Docteur ès sciences, professeur de physique au collège Sainte-Barbe à Paris, Chevalier de la Légion d’honneur en 1870. Cénotaphe à Courseulles-sur-Mer (Normandie). (voir page Ferrotype)
Melainotype — Premier nom commercial du ferrotype aux États-Unis, déposé par Hamilton Smith en 1856. Du grec melas (noir), en référence à la plaque de fer noircie. Synonyme de ferrotype et de tintype. (voir page Ferrotype)
N
Négatif sur verre — Plaque de verre transparent recouverte d’un film de collodion sensibilisé, exposée pour produire une image négative destinée au tirage par contact ou agrandissement sur papier. Procédé dominant de la photographie professionnelle entre 1851 et 1880. (voir page Négatif sur verre)
Nitrate d’argent (AgNO₃) — Composé chimique central du procédé. Solution aqueuse à 8-10 % utilisée pour sensibiliser la plaque de collodion. Corrosif, taches gris-noir définitives sur la peau, lésions cornéennes graves en projection oculaire, très toxique pour la faune aquatique. (voir page Chimie)
Nitrocellulose — Cellulose nitrée (coton-poudre découvert par Schönbein en 1846). En solution dans l’éther et l’alcool, elle constitue le collodion. Sous forme sèche, elle est inflammable et explosive — ne jamais laisser sécher de résidus de collodion en couche épaisse. (voir page Chimie)
P
Papier albuminé — Voir Albuminé (papier).
Papier salé — Premier procédé de tirage photographique sur papier, inventé par Talbot. Le papier est imprégné de chlorure de sodium puis sensibilisé au nitrate d’argent, formant du chlorure d’argent photosensible. Tirage par contact en lumière du soleil. Tonalité brun-violacé, surface mate. (voir page Négatif sur verre)
pH du bain (de nitrate d’argent) — Indice d’acidité contrôlé selon l’usage. pH acide (2,5 à 6) pour les positifs directs (ambrotype, ferrotype) afin de favoriser le contraste. pH neutre (7,2 à 7,4) pour les négatifs sur verre afin d’obtenir une plage tonale large adaptée au tirage. (voir page Procédé étape par étape)
Plaque sèche — Voir Gélatino-bromure d’argent.
Positif direct — Image positive obtenue directement sur la plaque, sans tirage intermédiaire. Cas de l’ambrotype, du ferrotype et du daguerréotype. À distinguer du négatif, qui appelle un tirage sur papier pour produire une image positive lisible. (voir pages Ambrotype et Ferrotype)
Procédé wet plate — Synonyme anglophone de « collodion humide ». Wet = humide, plate = plaque. Désigne la nécessité que la plaque reste humide pendant toute la séquence de prise de vue et de développement. (voir page Procédé étape par étape)
Q
Qualiopi — Certification française obligatoire depuis le 1er janvier 2022 pour tout organisme de formation qui souhaite recevoir des financements publics ou paritaires (AFDAS, OPCO, France Travail, etc.). Le Studio Ambrotype & Co. est certifié Qualiopi (déclaration n° 11755675075). (voir page Formations en France)
R
Révélateur — Solution acide de sulfate ferreux (FeSO₄·7H₂O, ~4 %) avec acide acétique (~4 %) et alcool (mouillant). Réducteur qui amplifie l’image latente en réduisant les ions Ag⁺ insolés en argent métallique visible. Versé d’un geste rapide et continu sur la plaque (geste critique). (voir page Chimie)
S
Sandarac (vernis) — Résine naturelle issue de Tetraclinis articulata (cyprès du Maroc et d’Algérie). Dissoute dans l’alcool éthylique avec une pointe d’huile de lavande, elle forme le vernis appliqué à chaud sur la plaque finale pour la protéger durablement. (voir page Chimie)
Sels halogénés — Composés chimiques (iodure de potassium, bromure d’ammonium, etc.) ajoutés au collodion brut pour le rendre sensible après réaction avec le nitrate d’argent. Le mélange iodure + bromure constitue le « collodion iodé-bromé ». (voir page Chimie)
Sensibilisation — Étape du procédé pendant laquelle la plaque coulée est immergée dans le bain de nitrate d’argent. C’est là que les sels halogénés du collodion se transforment en halogénures d’argent photosensibles. Durée 3-5 minutes, en chambre noire ou sous lumière inactinique rouge. (voir page Procédé étape par étape)
Sulfate ferreux (FeSO₄·7H₂O) — Composant principal du révélateur. Forme l’élément réducteur qui transforme les ions argent insolés en argent métallique. Vert clair en solution. (voir page Chimie)
T
Talbot (William Henry Fox) — Inventeur britannique (1800-1877), créateur du calotype en 1841 (négatif sur papier) et du papier salé. Premier procédé négatif-positif de l’histoire, supplanté par le collodion humide d’Archer en 1851. (voir page Histoire)
Thiosulfate de sodium (Na₂S₂O₃) — Fixateur photographique standard, recommandé pour la pratique non spécialisée du wet collodion. Faible toxicité propre, mais la solution usagée est riche en argent (récupération possible). Synonyme : hyposulfite de soude. (voir page Chimie)
Tintype — Nom populaire américain du ferrotype. La désignation est trompeuse : la plupart des plaques historiques étaient en fer-blanc, sans étain (tin en anglais). Synonymes : ferrotype, melainotype. (voir page Ferrotype)
Tirage par contact — Méthode de tirage où le négatif est posé en contact direct sur le papier sensibilisé, et l’ensemble exposé à la lumière. Le format du tirage est identique à celui du négatif. Méthode dominante au XIXe siècle, encore pratiquée aujourd’hui en chaîne complète négatif + tirage albuminé. (voir page Négatif sur verre)
Trackdéchets — Plateforme gouvernementale française gratuite, obligatoire depuis le 1er janvier 2022, pour la dématérialisation des Bordereaux de Suivi des Déchets Dangereux (BSDD). URL : trackdechets.beta.gouv.fr. (voir page Chimie partie 2)
U
Union case — Étui thermoplastique décoré en relief utilisé au XIXe siècle pour la présentation des daguerréotypes, ambrotypes et ferrotypes. Inventé en 1854 par Samuel Peck. Matériau composé de gomme-laque et de fibres végétales pressées à chaud. (voir page Ambrotype)
V
Vernis sandarac — Voir Sandarac (vernis).
Vernissage à chaud — Dernière étape du procédé : la plaque, après lavage et séchage, est doucement chauffée par l’arrière, puis le vernis sandarac est versé d’un geste fluide pour couvrir toute la surface, l’excès est drainé, et l’ensemble est ramené à la chaleur pour évaporer l’alcool. Donne à la plaque sa finition légèrement ambrée caractéristique. (voir page Procédé étape par étape)
W
Wet plate (wet collodion) — Voir Procédé wet plate.
◆
Pour aller plus loin
Ce glossaire est volontairement synthétique. Pour comprendre en profondeur, suivre les liens vers les pages thématiques :
- Histoire et inventeurs : Histoire, Ferrotype, Négatif sur verre
- Technique : Procédé étape par étape, Chimie, Apparition au fixateur, Défauts
- Sécurité et réglementation : Sécurité opérationnelle, Élimination réglementaire
- Pratique : Apprendre, Formations en France, Portraits
- Esthétique et marché : Esthétique, Photographie expérimentale, Acheter une œuvre
- Patrimoine : Ambrotype, Bicentenaire de la photographie
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