[Illustration n°25.01]
Photo héro — Vue d’une salle d’exposition photographique : collodions présentés sous vitrines ou sous cadres, lumière muséale tamisée, public en silhouette regardant les œuvres. Évoque la dimension d’objet précieux qu’on contemple physiquement.
Statut : À PRODUIRE / À SOURCER
Voir un collodion en reproduction sur un écran d’ordinateur, c’est rater l’essentiel. La plaque collodion est un objet, avec une matérialité, une stratigraphie, une présence physique qui ne se transmet pas par fichier numérique. La rencontre avec une plaque originale, sous vitrine de musée ou en cadre de galerie, change radicalement le rapport à l’œuvre. Cette page guide le lecteur vers les lieux où cette rencontre est possible.
Cinq catégories d’endroits permettent de voir des collodions en vrai : (1) les musées institutionnels qui en conservent dans leurs collections permanentes ; (2) les galeries spécialisées qui exposent des œuvres contemporaines ; (3) les foires d’art photographique annuelles ; (4) les festivals photographiques en France ; (5) les lieux historiques liés au procédé.
Sommaire
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Musées institutionnels avec collections collodion
À l’international
George Eastman Museum — Rochester, État de New York (USA). Le plus ancien musée photographique au monde, fondé en 1947 sur le domaine de George Eastman (fondateur de Kodak). Collection historique majeure, programme régulier de stages et démonstrations en collodion humide. Si vous ne devez visiter qu’un seul lieu lié au collodion dans votre vie, c’est celui-ci.
Metropolitan Museum of Art (Met) — New York (USA). Département photographie majeur, accroché en permanence et expositions thématiques régulières. Collections historiques XIXe siècle (Brady, Watkins, O’Sullivan) et acquisitions contemporaines significatives au collodion.
Museum of Modern Art (MoMA) — New York (USA). Acquisitions contemporaines au collodion depuis les années 2000. Le département photographie présente des accrochages thématiques régulièrement renouvelés.
J. Paul Getty Museum — Los Angeles (USA). Collections photographiques de premier rang, notamment XIXe siècle. Lieu de l’exposition de référence Sally Mann: A Thousand Crossings en 2018.
Tate Modern et Tate Britain — Londres (Royaume-Uni). Acquisitions contemporaines significatives au collodion. Expositions thématiques régulières sur la photographie contemporaine.
Victoria & Albert Museum (V&A) — Londres (Royaume-Uni). Collection photographique massive, héritage XIXe siècle (Talbot, Fenton) et acquisitions contemporaines. Programme régulier d’expositions sur les procédés photographiques anciens.
National Science and Media Museum — Bradford (Royaume-Uni). Musée britannique consacré à l’histoire des médias et des images. Collections photographiques fortes, expositions régulières sur les procédés expérimentaux.
En France
Musée Nicéphore Niépce — Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire). Plus de 3 millions d’images, plus de 6 000 appareils, 11 salles d’exposition. Fondé en 1974 dans l’ancien hôtel des Messageries Royales, sur le lieu de naissance de Nicéphore Niépce. Considéré comme l’un des fonds photographiques les plus prestigieux d’Europe. Six expositions temporaires par an. Pour le collodion humide, la collection couvre l’ensemble du XIXe siècle français.
Musée d’Orsay — Paris. Collection de photographie XIXe siècle de référence en France : héliographies de Niépce, daguerréotypes, calotypes, ambrotypes, ferrotypes, négatifs sur verre. Présentations rotatives dans les salles photo, expositions temporaires régulières (Disdéri, Le Gray, Charnay). Visite indispensable pour voir le collodion XIXe en contexte.
Bibliothèque nationale de France (BnF), site Richelieu — Paris. Département des Estampes et de la Photographie : l’une des collections photographiques les plus importantes au monde. Consultation sur rendez-vous pour les chercheurs ; expositions temporaires régulières. Le collodion humide y est massivement représenté, du XIXe siècle à des acquisitions contemporaines.
Maison Européenne de la Photographie (MEP) — Paris (4e). Institution dédiée à la photographie contemporaine. Expositions temporaires régulières d’auteurs internationaux, dont des photographes au collodion. Bibliothèque spécialisée et programmation publique riche.
Jeu de Paume — Paris (1er, jardin des Tuileries). Centre d’art consacré à l’image (photographie, vidéo, cinéma). Expositions temporaires majeures. Lieu de l’étape parisienne de l’exposition Sally Mann en 2019.
Musée Carnavalet — Paris (3e). Musée d’histoire de Paris, qui conserve une riche collection de photographies anciennes de la capitale, dont des collodions XIXe siècle (Marville, photographies de la Commune). Réouvert en 2021 après rénovation.
Musée Albert-Kahn — Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). Musée des Archives de la Planète, fonds Albert Kahn (autochromes 1909-1931). Le collodion y est moins central, mais la collection ouvre sur la culture photographique large du début XXe siècle.
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Galeries spécialisées contemporaines
Pour voir des collodions contemporains exposés en cadre de galerie, et éventuellement les acquérir, plusieurs galeries spécialisées en France et à l’international représentent régulièrement des photographes au procédé. Programmation à vérifier sur leurs sites respectifs avant déplacement, les expositions tournant.
En France
Galerie Camera Obscura — Paris (14e). Galerie spécialisée en photographie d’auteur, notamment XXe et XXIe siècles. Programmation régulière incluant des photographes au collodion ou à la photographie expérimentale.
Galerie Polka — Paris (3e). Galerie majeure de photographie contemporaine et de reportage. Présentations occasionnelles d’œuvres au collodion dans le cadre de programmations thématiques.
Galerie Capazza — Nançay (Cher). Galerie dédiée à l’art contemporain, située en milieu rural. Expositions personnelles et collectives régulières, incluant des photographes au collodion. Bel exemple de galerie de référence loin des centres urbains.
Galerie Berthet-Aittouarès — Paris (6e). Galerie d’art contemporain rive gauche. Programmation mêlant peinture, sculpture et photographie, dont des expositions au collodion.
Laurence Esnol Gallery — Paris (6e). Galerie photo dans le quartier Saint-Germain-des-Prés. Programmation orientée photographie contemporaine d’auteur.
Galerie UPP — Paris. Galerie qui a accueilli en 2025 l’exposition Anastasis de Mélanie-Jane Frey (Studio Ambrotype & Co.), ensemble d’œuvres au collodion humide explorant la dimension spirituelle du procédé.
À l’international
Pace Gallery — New York, Londres, Hong Kong, Séoul, Genève. L’une des galeries internationales majeures pour l’art contemporain. Représente Sally Mann pour le marché de premier rang.
Gagosian Gallery — présence mondiale. Représente Adam Fuss à l’international. Galerie de référence pour les acquisitions de premier rang.
Howard Greenberg Gallery — New York. Galerie spécialisée en photographie, à la fois historique et contemporaine. Présentations régulières d’œuvres au collodion historique et contemporain.
Photographers’ Gallery — Londres. Galerie publique majeure de photographie au Royaume-Uni. Expositions thématiques régulières incluant le collodion contemporain et historique.
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Foires d’art photographique
Les foires concentrent en quelques jours des dizaines de galeries internationales et permettent de voir une grande variété d’œuvres au collodion contemporain en un seul lieu. Programmation à vérifier sur les sites des foires.
Paris Photo — Paris, novembre. Foire de référence mondiale pour la photographie d’art. Plusieurs centaines d’exposants chaque année, présence régulière d’œuvres au collodion contemporain depuis le milieu des années 2010.
AIPAD Photography Show — New York, généralement avril. Foire historique de la photographie d’art. Plus américaine que Paris Photo, présence forte des galeries new-yorkaises.
Photo London — Londres, Somerset House, généralement mai. Foire britannique de photographie d’art qui complète bien Paris Photo. Programmation incluant les procédés expérimentaux.
Photo Basel — Bâle, généralement juin. Foire suisse, plus petite que les précédentes, mais avec une programmation pointue.
Polycopies — Paris, novembre (en parallèle de Paris Photo). Salon dédié au livre et au tirage photographique. Plus accessible que Paris Photo pour le grand public, programmation orientée vers les éditions et tirages d’auteur.
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Festivals photographiques en France
Les festivals sont l’occasion de voir des collodions contemporains exposés en contexte d’auteur, souvent dans des lieux non-marchands (médiathèques, espaces publics, centres culturels). Programmation à vérifier annuellement.
Rencontres d’Arles — Arles, juillet à septembre. Le plus important festival photographique européen. Programmation annuelle d’une vingtaine d’expositions dans des lieux patrimoniaux d’Arles. Présence régulière d’œuvres au collodion contemporain dans la programmation officielle ou en off.
Photo Saint-Germain — Paris, novembre. Festival photographique de la rive gauche, en parallèle de Paris Photo. Parcours dans les galeries, librairies et institutions du quartier Saint-Germain-des-Prés.
Foire photo de Bièvres — Bièvres (Essonne), premier week-end de juin. L’un des plus anciens et plus importants salons photo amateurs et professionnels en France. Présence de praticiens au collodion en démonstration et exposition. Lieu où croiser des photographes français du procédé.
Salon de Boulogne-Billancourt — Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), novembre. Salon photographique annuel, plus modeste que Bièvres mais avec une bonne représentation de praticiens en procédés expérimentaux.
Festival Imag’in — Marseille. Festival photographique organisé annuellement à Marseille, programmation incluant les procédés expérimentaux.
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Lieux historiques du procédé
Pour qui veut faire un déplacement spécifiquement consacré au collodion humide, deux lieux constituent des destinations naturelles.
Rochester (NY) — la capitale photographique
Rochester n’est pas qu’une ville américaine moyenne du nord-est : c’est, au sens propre, la capitale historique de la photographie, siège de Kodak fondé par George Eastman, du George Eastman Museum, et du studio Scully & Osterman. Sur trois jours, on peut visiter le musée (collection permanente, expositions temporaires, démonstrations historiques publiques), assister à un workshop si la programmation le permet, et rencontrer la communauté locale du procédé. C’est l’expérience de référence pour qui veut comprendre le collodion à sa source.
Chalon-sur-Saône — le berceau français
Niépce a inventé la photographie en 1816 à Chalon-sur-Saône. Le Musée Nicéphore Niépce y conserve la première chambre photographique au monde, les héliographies originales, et un fonds massif sur tout le XIXe siècle photographique français — incluant naturellement une riche représentation du collodion humide. La maison familiale de Niépce, située au Gras (Saint-Loup-de-Varennes, à 9 km de Chalon), peut être visitée sur rendez-vous. Pour qui souhaite ancrer son intérêt pour le procédé dans l’histoire française, c’est le déplacement à faire.
Pour découvrir le collodion en France — itinéraire-type
Une journée à Paris (musées + galeries) :
- Matin : Musée d’Orsay, salles photographie (collection XIXe).
- Midi-après-midi : Maison Européenne de la Photographie (4e) ou Jeu de Paume (1er) selon les expositions du moment.
- Fin d’après-midi : visite des galeries du quartier Saint-Germain.
Une deuxième journée à Chalon-sur-Saône (Bourgogne) :
- Matinée et après-midi : Musée Nicéphore Niépce (3 millions d’images, 11 salles, 6 expositions temporaires/an).
- Visite optionnelle : maison familiale de Niépce au Gras, Saint-Loup-de-Varennes (sur rendez-vous).
Sur place : se renseigner auprès de l’office du tourisme pour les manifestations photographiques annexes (programmation parfois exceptionnelle pendant les fêtes Niépce en juin).
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Pour conclure
Voir des collodions en vrai change le rapport au procédé : la matérialité, la stratigraphie, la profondeur des plaques se révèlent dans une relation physique que la reproduction numérique ne peut pas restituer. Pour le francophone, deux destinations principales s’imposent : Paris (musée d’Orsay, BnF, MEP, Jeu de Paume, galeries) et Chalon-sur-Saône (musée Niépce). Pour qui peut voyager à l’international, le George Eastman Museum à Rochester et les grands musées britanniques et américains ouvrent un horizon plus large. Toutes ces visites se complètent : le procédé prend sens dans le dialogue entre ses formes historiques et ses pratiques contemporaines.
Pour savoir qui pratique le procédé aujourd’hui, voir la page photographes internationaux au collodion humide ; pour comprendre la renaissance contemporaine, la page collodion et art contemporain.
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Foire aux questions
Quel est l’unique musée à visiter si je dois choisir ?
Pour un Européen : le Musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône (3 millions d’images, le fonds le plus prestigieux d’Europe pour la photographie XIXe, lieu de naissance du procédé). Pour qui peut traverser l’Atlantique : le George Eastman Museum à Rochester (NY), plus ancien musée photo au monde, programme actif de stages et démonstrations en collodion humide. Si on hésite, l’argument sentimental va à Chalon — c’est de cette ville française que la photographie est née.
Comment savoir s’il y a une exposition collodion en cours dans une galerie ?
Trois pistes. S’inscrire aux lettres d’information des galeries spécialisées. Suivre leurs comptes Instagram — la photographie est très visuelle, les annonces d’expositions y passent en premier. Consulter régulièrement les sites des festivals (Rencontres d’Arles en juillet-septembre, Photo Saint-Germain en novembre). Pour les expositions ponctuelles dans des lieux non-spécialisés, la veille est plus difficile — la lettre d’information de collodionhumide.fr signale les manifestations identifiées.
Peut-on voir des collodions sans aller à Paris ?
Oui. En province, le Musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône est de loin le plus important. Les Rencontres d’Arles (juillet-septembre) sont le rendez-vous photographique majeur en France, hors Paris. Plusieurs galeries en région présentent du collodion régulièrement. Les festivals régionaux intègrent occasionnellement le procédé. Et les musées d’art régionaux ont parfois des fonds photographiques anciens incluant des collodions XIXe — Lyon, Marseille, Lille, Strasbourg.
Les expositions personnelles de photographes au collodion sont-elles fréquentes ?
Modérément. Sur l’année 2024-2025, en France, on peut citer le solo show d’Eric Antoine à Paris Photo en 2024, l’exposition Anastasis de Mélanie-Jane Frey à la Galerie UPP en 2025, plusieurs expositions personnelles en galeries. Au total, on peut estimer qu’il y a en France 10 à 20 expositions personnelles ou collectives intégrant significativement du collodion contemporain par an, dont 4 à 6 de premier plan. C’est rare, mais pas confidentiel.
Comment voir des collodions historiques (XIXe siècle) plutôt que contemporains ?
La meilleure entrée en France est le Musée d’Orsay (collection XIXe massive, présentations rotatives) et le Musée Nicéphore Niépce. À l’international : le Met à New York, le V&A à Londres, le George Eastman Museum à Rochester. Sur le marché privé, les salons photo (Bièvres en juin, Boulogne-Billancourt en novembre) et les marchands spécialisés permettent de voir et d’acquérir des pièces XIXe siècle à des prix accessibles (30-300 € pour des ferrotypes anonymes ou ambrotypes de carte de visite).
Y a-t-il des lieux où voir le procédé en démonstration vivante ?
Oui, plusieurs. Le George Eastman Museum à Rochester organise des démonstrations publiques régulières. Les Rencontres d’Arles incluent souvent des démonstrations live de procédés expérimentaux dans la programmation off. Le Musée Niépce à Chalon-sur-Saône organise des ateliers ponctuels. Certains fournisseurs accueillent occasionnellement des journées portes ouvertes. Et les studios des photographes qui le proposent offrent des sessions de découverte : le Studio Ambrotype & Co. à Paris propose ainsi son Stage Collodion Humide pour découvrir et maîtriser le procédé (voir aussi la page photographes internationaux).